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J'ai construit une calculatrice pour ma propre carrière, elle m'a mis un sur dix

Depuis un an et demi, je suis incapable de répondre correctement à la question « tu fais quoi dans la vie ? ».

Frontend ? J'écris du React depuis quinze ans, mais ces dernières années je conçois plus que je ne tape. Full-stack ? Je connais le backend, mais ce n'est pas mon argument principal. Product ? Je prends des décisions produit, sauf que sur un CV ça se lit comme « n'a pas choisi ». Tech lead ? J'ai dirigé des équipes, puis je suis retourné coder moi-même, parce que les LLM sont arrivés et que c'est redevenu intéressant.

Chaque formulation est vraie. Toutes ensemble, c'est de la bouillie. Et cette bouillie a un prix : tant que tu ne peux pas te nommer en un mot, tu ne sais pas où est ton argent. Pas « combien je vaux en général », plus précisément : quelle combinaison de ce que je sais faire génère du cash flow dans les six prochains mois.

J'ai honnêtement essayé de résoudre ça en en parlant. J'ai demandé à ChatGPT, demandé à des amis, écrit de longues notes dans Notion priorisées avec RICE. J'ai obtenu des réponses de qualité, raisonnables, complètement inapplicables. « Positionne-toi comme ingénieur AI-native. » Très bien. Ça fait combien par mois ?

Là où je suis resté bloqué

Le problème n'était pas un manque de conseils, mais le fait qu'un conseil n'est pas un modèle.

Un conseil ne connaît pas mon runway. Il ne sait pas que j'accepte 45 heures par semaine, pas 60. Il ne distingue pas « je sais faire ça » de « je peux le prouver à un client ». Et surtout, il ne calcule rien. Il dit où aller, pas ce que ça coûte d'y aller ni ce qui se passe si on se trompe de direction.

Et à ce stade, j'avais accumulé une intuition assez précise : mon capital n'est pas dans mes compétences, il est dans les preuves. Je sais faire un tas de choses, et je ne peux montrer presque rien de tout ça à un inconnu en cinq minutes. Projets publics sous NDA. Systèmes internes. Décisions d'architecture qui vivent dans des dépôts qui ne sont pas les miens.

C'est cette intuition que j'ai voulu chiffrer.

Ce que j'ai construit

En quelques jours, j'ai monté un PoC. Pas un « coach IA », pas un générateur de CV — le marché en regorge déjà. Un modèle déterministe.

Voici comment ça fonctionne.

Le capital se décompose en briques. Soixante-seize au total : frontend, architecture système, LLM/RAG appliqué, domaines régulés, presales, artefact public, réseau d'acheteurs. Pas des « compétences » au sens CV, mais des morceaux qui se combinent en manières de se vendre.

Chaque brique porte un niveau de preuve, pas un niveau de maîtrise. Quatre paliers, et ils ne parlent pas de « junior-medior-senior » :

1  Je sais faire
2  Fait sur un projet interne, ne peux pas le montrer
3  Il existe un artefact public : dépôt, produit, article
4  J'ai été payé pour ça, et c'est vérifiable

C'est le point qui porte tout l'édifice. Ajouter une affirmation gratuitement ne bouge rien. Seule la preuve fait bouger le chiffre. Sinon on obtient un joli miroir où la barre de progression grimpe et le marché ne réagit pas.

Les combinaisons de briques débloquent des rôles. Quarante-trois au total — contrat, freelance, fractional, embauche, conseil, services productisés. Chacun a une fourchette de taux journalier ancrée sur le marché français (Solutions Architect ≈ 780 €/jour — des données sectorielles réelles, pas une invention), un nombre de jours facturables par an et un multiplicateur selon le marché du client.

Un rôle se débloque sur son minimum, pas sur sa moyenne. Il manque une seule brique requise, et le rôle entier se ferme, même si tout le reste est au maximum. C'est comme ça que le marché fonctionne réellement.

Et le chiffre principal, c'est l'écart.

Prouvable aujourd'hui        7 493 € / mois
Si tout était prouvé         8 381 € / mois
Écart                          888 € / mois

Huit cent quatre-vingt-huit euros par mois. Dix mille cinq cents par an. Ce n'est ni un « potentiel » ni une image motivante — c'est le prix de ce que je sais faire et que je ne peux pas montrer.

En montant les preuves d'un palier, l'écart tombe à 353 €. Un palier de plus, et c'est zéro. Le modèle ne répond pas « bravo », il répond « voici trois artefacts précis qui valent dix mille euros par an ».

Et c'est là que ça devient intéressant

Le produit contient deux questions. À l'entrée : « à quel point ta prochaine étape économique est-elle claire pour toi en ce moment, de 1 à 10 ». À la sortie : la même question. L'écart entre les deux réponses est la seule raison d'être de tout ce projet.

J'ai fait mon propre quiz.

Avant : 4. Après : 1.

Le produit m'a rendu moins confiant qu'à l'entrée. Moi, la personne qui l'a conçu et qui connaît chaque formule qu'il contient.

Et pourtant, il calculait juste. Les chiffres tombaient au centime près. Simplement, l'écran de résultats affichait trois montants, la mention « confidence: medium » et un bouton « obtenir mon plan à 90 jours ». Cinq écrans plus tôt, j'avais pris une vingtaine de décisions — réparti cent points entre six priorités, fixé mon runway, mon revenu minimum, mes heures par semaine, choisi un marché, saisi mon capital, noté mes preuves. Aucune de ces décisions n'était mentionnée sur l'écran de résultats.

Ensuite, ça devient encore plus drôle.

Le marché s'affichait comme fermé, et l'écran ne disait pas pourquoi. La raison : je ne pouvais pas m'ajouter la langue russe — la brique existait, mais l'interface ne la montrait pas, parce que le filtrage des recommandations se faisait par couverture de rôles, et la langue n'entre dans aucun rôle en particulier. Elle conditionne le marché entier.

Le portefeuille affichait 0 €, alors que huit rôles étaient débloqués et que le meilleur payait 2 166 €. Il s'est avéré que j'avais fixé un revenu minimum de 3 000 € sur un marché plafonné à 3 400 € — le problème était insoluble, et c'est la chose la plus utile que le produit m'ait dite. Il a dit « zéro ».

Et la liste « ce qui ferait monter ton taux » était entièrement composée de briques que je n'ai pas, sans en contenir une seule sur ce que je fais déjà. Autrement dit, le plan me disait « apprends sept nouvelles choses », venant d'un produit dont la thèse entière est « tu as déjà le capital, il te manque les preuves ».

Ce que j'en retiens

Premièrement. Un calcul correct et un produit utile sont deux choses différentes, et la seconde ne découle pas de la première. J'avais des tests au vert — quarante-sept — et un écran qui rendait la personne plus perdue qu'avant.

Deuxièmement. La métrique « est-ce devenu plus clair » s'est révélée être la seule à capter cette différence. Ni le temps passé sur la page, ni les clics, ni le taux de complétion n'auraient montré que le produit ne fonctionne pas. Deux chiffres, eux, l'ont montré, immédiatement, dès le premier essai.

Troisièmement, et c'est le plus dérangeant. J'ai construit un outil pour déterminer son identité professionnelle, et dès le premier essai, il a prouvé que je ne comprends pas la mienne. C'est exactement le cas où le résultat d'une expérience contredit l'hypothèse de son auteur, et où on a envie de mettre ça sur le compte d'un bug d'interface. Une partie l'est vraiment. Une partie ne l'est pas.

Ce que c'est aujourd'hui

Un PoC. Quarante-trois rôles, des fourchettes basées sur des données sectorielles et des a priori d'expert, trois marchés avec un ancrage solide et six sans. Tout se calcule dans le navigateur, rien ne part vers un serveur, aucune inscription.

Pour être honnête sur les limites : l'échantillon, c'est moi, un point c'est tout. Les fourchettes du marché français sont réelles ; les multiplicateurs pour le reste sont des estimations. Le modèle produit des chiffres avec assurance là où les données sont minces, et j'ai délibérément fait en sorte qu'il le dise au lieu de le cacher derrière une belle interface.

Ce qui m'intéresse, ce n'est pas « est-ce que ça t'a plu ». Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si le mécanisme fonctionne sur quelqu'un d'autre que moi — en particulier sur des gens au parcours aussi non linéaire : quinze ans d'expérience, quatre rôles sous trois intitulés différents, et aucune idée claire de ce qui, là-dedans, est réellement payé.

Si vous êtes de ceux-là, allez le tester. Il y a deux questions sur la clarté, avant et après. Répondez aux deux honnêtement, même si le « après » est inférieur au « avant ». Surtout si c'est inférieur.

C'est exactement cet écart-là dont j'ai besoin.

Cet article a été créé dans un format hybride humain + IA. J'ai fixé la direction et les thèses, l'IA a aidé pour le texte, j'ai édité et vérifié. La responsabilité du contenu m'incombe.

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